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Le village de Saint-Émilion
La pittoresque cité bâtie au creux d'une colline calcaire est une magnifique ville médiévale entièrement protégée par les monuments historiques et présentant un paysage unique de monoculture de la vigne. Il fait bon vivre à Saint-Émilion, où les remparts du XIIIe siècle, ses petites rues pentues et pavées, ses maisons anciennes, les ruines du château élevé sur ordre d'Henri III et son église monolithe unique, sont de véritables lieux de promenades et de témoignages historiques.
La région officielle de production viticole de Saint-Émilion* couvre huit communes : Saint-Émilion, Saint-Christophe des Bardes, Saint-Etienne de Lisse, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent des Combes, Saint-Pey dArmens, Saint-Sulpice de Faleyrens et Vignonet. Elles font partie de lancienne juridiction de Saint-Émilion établie au XIIe siècle par Jean sans Terre, roi dAngleterre, et inscrite sur la Liste du Patrimoine mondial par lUNESCO.
* Cette aire est délimitée au nord par la Barbanne, un affluent de lIsle, au sud par la Dordogne, à louest par la région de Pomerol et Libourne, à lest par la région des Côtes de Castillon.
Petite histoire de Saint-Emilion et la Jurade
Le vignoble de Saint-Émilion est le plus ancien de la région bordelaise. Le premier vignoble fut planté en 275 avant J.C. par Valerius Probus sous loccupation romaine. Cest au cours du IVe siècle après J.C. quil acquit une renommée indéniable grâce au poète-consul Ausone qui y possédait des vignes. Au VIIIe siècle, lermite Emilian, originaire de Vannes, sinstalle dans le village pour porter la bonne parole et lui donne son nom. Saint-Émilion devient alors un haut-lieu de pèlerinage et de prière et de nombreux ordres religieux s'y installèrent ensuite. La cité médiévale était née. Les XIIe et XIIIe siècles ne démentent pas la renommée de la qualité des vins de Saint-Émilion. Les vignobles produisaient en effet des vins honorifiques qui étaient présentés en cadeaux aux rois et aux personnalités importantes. Ils étaient contrôlés par une commission spéciale, la Jurade, qui accordait ou non cette appellation.
La Jurade fut créée en 1199 lorsque Jean Sans Terre signe la Chartre de Falaise, accordant à Saint-Émilion "liberté et libres coutumes". Son rôle est assuré par des "gens de bien" et couvre alors la gestion des intérêts communaux et commerciaux de la cité et plus tard de la juridiction de Saint-Émilion. Ces derniers reposant essentiellement sur le vin, on comprend pourquoi cette activité aura été autant marquée par les pouvoir de la Jurade. La Jurade tire son nom des conseillers municipaux qui la composaient, appelés Jurats dans l'ancien duché d'Aquitaine, et dont les origines sont étroitement liées à la naissance de la commune.
La Jurade est reconstituée depuis le 13 septembre 1948 afin de jouer le rôle dambassadrice des vins de Saint-Émilion à travers le monde. Elle est représentée aux Etats-Unis, en Angleterre, en Belgique. En France, elle célèbre les étapes marquantes de la production du vin : deux fois dans l'année, les Jurats défilent dans la ville, vêtus d'une toque et de leur ample robe rouge parée d'hermine, rappelant la toute puissante Jurade des siècles passés. Les futurs intronisés accompagnent les Jurats depuis le Parc Guadet, jusqu'à l'Église collégiale où un office est célébré. Les intronisations ont lieu au cloître. Le déjeuner est alors l'occasion de déguster les crus de Saint-Émilion, juste avant la proclamation solennelle par les Jurats, du haut de la Tour du Roy, du "Jugement du vin nouveau" le 3e dimanche de juin, et du "Ban des vendanges" le 3e dimanche de septembre.
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